Commencé en 1177 et achevé en 1185 - la légende l’attribue au berger Bénézet -, le pont franchissait le Rhône sur 920 mètres et vingt-deux arches. Le fleuve l’a emporté par morceaux : deux arches en 1479, quatre entre 1603 et 1605, deux encore en 1633 malgré une reconstruction en 1628, jusqu’à la crue de 1669 après laquelle on renonce à le relever. Quatre arches subsistent, accrochées à la rive gauche, et sur l’une des piles la chapelle à deux niveaux, Saint-Bénézet en bas, Saint-Nicolas au-dessus. Classé monument historique dès 1840, inscrit au patrimoine mondial en 1995. Ce qui en reste se regarde de face, depuis les deux rives, et de haut, depuis les remparts.
Deux points de vue, donc deux lectures à tenir ensemble. De face, c’est le vide qui compte : le dessous des arches est creusé d’ombre pour que la pierre paraisse portée et non posée. Perçu de haut, l’ouvrage révèle son épaisseur grâce à un léger décalage de ton entre le parement et le tablier, qui lui permet de retrouver sa coupe originelle. La chapelle, seule verticale du fragment, reste le point le plus clair.
À Avignon également : le Palais des Papes.